Vendredi 9 mai 2008

Tash m'avait prévenu, mais j'ai quand même été surpris !

En fait, je me suis littéralement fait jeter par l'homme qu'il m'a présenté le 9 mai. Son prénom, c'est Gopràl, et le premier contact avec lui a été, comment dire ?... pénible !
Son antre, dans le quartier du Hôj, pas très loin de ma pension, est une cabane sombre et sale, remplie de matériel de tout genre : du matériel de marche, des livres innombrables, des cartes, de la féraille, des outils, des tableaux, et surtout tout un tas d'objets que j'aurais bien du mal à décrire... En y entrant, j'ai du affronter un torrent d'insultes ! Heureusement, il parlait un genre de patois, et Tash ne m'a rien traduit, se contentant de me soutenir comme il pouvait avec des petits regards gênés.

J'étais complètement destabilisé. D'autant que cet homme est important pour moi. Ancien montagnard, il sait à peu près tout de la chaîne du Krâl, et j'espère bien qu'il me livrera quelques uns de ses secrets. C'est peut-être grâce à lui que j'entrerai en Tilisie dans quelques semaines, par les bons cols !

Ses cris ont bien duré 5 minutes. Ensuite, le vieux Gopràl s'est un peu calmé, il s'est assis sur une caisse, et m'a dévisagé. Je ne sais pas si à ce moment là de "l'entretien", il connaissait précisément le but de ma visite, mais de mon côté, j'avais surtout une furieuse envie de déguerpir.

C'est Tash qui a rompu le silence. En vieux patois oulpach, il a probablement trouvé les mots justes, et la tournure des événements a un peu changé. Par de discrets mouvements de la tête, le vieil homme semblait montrer un peu plus de considération pour moi. Ce qui ne l'empêchait pas de garder un visage très fermé.

A notre deuxième rencontre, quelques jours plus tard, les choses ont un peu évolué : Gopràl a accepté de m'aider !

Il m'a très peu parlé de la Tilisie, se contentant de me donner quelques informations sur les monts du Krâl, ainsi que des conseils pour leur traversée.

- "Elle va te paraître interminable, cette traversée, jeune !"
- "Je m'y prépare", lui répondis-je. A cet instant, je dois bien dire que j'ai dû réprimer un fou rire. Je voyais en face de moi une sorte d'Obiwan Kénobi, et j'étais Luc Skywalker.

Mais la discussion s'est poursuivie de manière fort sérieuse. Gopràl n'est pas homme à gaspiller sa salive. Chaque mot a son importance. Tout est utile dans ce qu'il dit, jamais de superflu ! Après une introduction un peu mystique (il est revenu sur la fameuse
légende de l'oiseau bleu qui créa le Krâl), il m'a fait un véritable cours sur la faune et la flore.

Selon Gopràl, je ferais mieux de prendre un itinéraire au sud, avant de bifurquer vers l'est, puis le nord-est. La première difficulté sera de passer le col d'Ilouht (à condition de le trouver), à environ 2200 mètres d'altitude. Pas très haut, mais relativement escarpé. C'est après ce col qu'il faut "courir le soleil" comme il dit, c'est à dire, prendre plein est, vers le soleil levant.

Quand je lui ai demandé son avis sur le temps qu'il me faudrait pour retrouver les plaines tilènes, il m'a fixé un long moment, puis m'a répondu, très solennel : "Ca dépendra de toi, jeune !"

Quant à savoir ce qu'il pensait de mon projet, impossible... "C'est toi qui sait, jeune !"

Après m'avoir remercié de ma visite, il m'a offert une vieille gourde en peau et une petite sacoche mystérieuse "à n'ouvrir qu'en cas de souffrance" (!!!) On verra...

Je l'ai remercié avec beaucoup de respect. "Reviens me vois quand tu veux, jeune !"


La route continue !







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