Jeudi 8 mai 2008

La rivière qui traverse Kapok s'appelle la Lâv, elle descend tout droit des montagnes. Comme il n'y a pas de système de régulation sur son cours, aucun barrage par exemple, les inondations sont nombreuses dans la ville et en aval.

Il n'y a bien sûr pas de système d'alerte non plus, ce qui fait que tous les ans, à la fonte des neiges, la ville est surprise par les eaux. Et comme il n'existe aucune digue, des quartiers entiers sont touchés.

Au bord de la Lâv, j'ai découvert la technique de la pêche "au torchon blanc". Etonnante, elle est typique de la région, et se pratique en eaux douces et froides. En plein jour, le pêcheur, invariablement habillé de rouge et une casquette vissée sur le crâne, plonge un torchon blanc d'environ un mètre carré dans l'eau. Le tissu a été préalablement imbibé d'une sorte de jus de viande.




Aussi étonnant que ça puisse paraître, de tous petits poissons se laissent prendre, comme dans un filet. Le pêcheur n'a plus qu'a tirer sur les cordelettes attachées aux quatre coins du torchon, et le tour est joué. Il faut bien sûr être patient et habile, mais le jeu en vaut la chandelle : ces petits poissons sont très réputés en Ousie, et ils se vendent très cher. En tout cas, le geste est beau à voir.

Tout ça m'a été expliqué par Tash, un étudiant de Kapok, rencontré début mai.
Il m'a beaucoup appris sur l'Ousie, sur le mode de vie ici, sur la ville de Kapok.

Le 8, il a tenu a m'emmener place du 12 avril, dans un quartier à l'ouest de Kapok. Beaucoup de vie ici, du bruit, et une effervescence permanente.  
La place du 12 avril (1972, fin de la guerre civile), c'est un peu le qg de Tash et de ses copains étudiants. Il m'en parle comme du quartier latin, à Paris, qu'il aimerait visiter un jour.

On est allé boire un café -immonde, trop fort !- dans un petit Taj (c'est un genre de petit bistrot qui ne sert que du café super serré). Particularité : jamais de terrasses en Ousie. Il a beau faire super chaud en cette saison, tout les clients sont à l'intérieur.
Tash m'a expliqué qu'il était impossible pour un ouse de boire ou de manger dehors. Question d'habitude apparemment !
On a parlé des émeutes de la faim qui secouent pas mal de pays limitrophes de l'Ousie en ce printemps (la Krine orientale et l'Ilinie notamment). D'après Tash, en Ousie, il n'y a pas de problème de ce genre : le pays serait autosuffisant. Il m'a expliqué notamment que le gouvernement avait anticipé la flambée des cours des matières premières, et que d'immenses rizières avaient été construites au sud il y a déjà pas mal d'années. Si c'est vrai, c'est pas con !
Mais bon, je me méfie un peu du discours de Tash. Ca ne m'étonnerait pas qu'il manque un peu d'objectivité sur son pays...


La route continue !




 


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