Vendredi 16 mai 2008

Je sors à l'instant de chez Gopràl. Son antre est une sorte de capharnaüm, de caverne d'Ali Baba sans logique de rangement.

Dans cette cabane sombre de quelques mètres carrés, perdue dans le quartier Hôj (ce n'est pas très loin de ma pension), le vieil homme a sans doute accumulé tous les objets qui lui sont passés par la main tout au long de sa vie...

Du matériel de marche, des livres innombrables, des cartes, de la féraille, des outils, des tableaux, et surtout tout un tas d'objets que j'aurais bien du mal à décrire.

La bonne nouvelle, c'est que Gopràl a accepté de m'aider !

Il m'a très peu parlé de la Tilisie, se contentant de me donner quelques informations sur les monts du Krâl, ainsi que des conseils pour leur traversée.

- "Elle va te paraître interminable, cette traversée, jeune !"
- "Je m'y prépare", lui répondis-je. A cet instant, je dois bien dire que j'ai dû réprimer un fou rire. Je voyais en face de moi une sorte d'Obiwan Kénobi, et j'étais Luc Skywalker.

Mais la discussion s'est poursuivie de manière fort sérieuse. Gopràl n'est pas homme à gaspiller sa salive. Chaque mot a son importance. Tout est utile dans ce qu'il dit, jamais de superflu ! Après une introduction un peu mystique (il est revenu sur la fameuse
légende de l'oiseau bleu qui créa le Krâl, je vous en parlerai dans un prochain post), il m'a fait un véritable cours sur la faune et la flore. Je ne veux pas vous assomer, aussi je vous propose de vous faire profiter de mes nouveaux savoirs au fur et à mesure de ma traversée du Krâl, fin juin...

Selon Gopràl, je ferais mieux de prendre un itinéraire au sud, avant de bifurquer vers l'est, puis le nord-est. La première difficulté sera de passer le col d'Ilouht (à condition de le trouver), à environ 2200 mètres d'altitude. Pas très haut, mais relativement escarpé. C'est après ce col qu'il faut "courir le soleil" comme il dit, c'est à dire, prendre plein est, vers le soleil levant.

Quand je lui ai demandé son avis sur le temps qu'il me faudrait pour retrouver les plaines tilènes, il m'a fixé un long moment, puis m'a répondu, très solennel : "Ca dépendra de toi, jeune !"

Quant à savoir ce qu'il pensait de mon projet, impossible... "C'est toi qui sait, jeune !"

Après m'avoir remercié de ma visite, il m'a offert une vieille gourde en peau et une petite sacoche mystérieuse "à n'ouvrir qu'en cas de souffrance" (!!!) On verra...

Je l'ai remercié avec beaucoup de respect. "Reviens me vois quand tu veux, jeune !"


J'espère que mes aventures sont dignes de l'intérêt que vous semblez y porter. A suivre, donc, dans les prochains jours :
-une carte de la région, à laquelle je mets la dernière main ces jours-ci
-la légende de l'oiseau bleu, qui n'a plus de secret pour moi
-et le compte rendu de mon périple de trois jours en montagne à partir de lundi...

Merci de votre fidélité.


La route continue !





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